On peut affirmer qu’il y a des changements de paradigmes majeurs dans le monde de la construction commerciale et industrielle, au Québec comme ailleurs au pays. De plus en plus d’entrepreneurs intègrent des critères ESG dans la conception et la réalisation de leurs projets. La recherche d’économie d’énergie et d’autres ressources, l’aménagement extérieur des bâtiments et le bien-être des usagers de ces installations sont aujourd’hui sont au cœur de nombreux projets, même dans des parcs industriels. Le travail du Groupe Montoni, un important développeur immobilier, témoigne de façon éloquente de cette tendance. Ses bâtiments durables intègrent des composantes environnementales d’un haut niveau de performance.
On s’est intéressé au Groupe
L’entreprise fondée par Dario Montoni il y a 30 ans s’est rapidement distinguée dans le milieu des développeurs immobiliers au Québec en appliquant des critères ESG (environnemental, social et de gouvernance) à tous ses projets. Aujourd’hui, le portefeuille immobilier du Groupe compte 7,3 millions de pieds carrés de bâtiment certifiés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design,) pour 52 projets. Un bulletin digne des premiers de tête. Rappelons que la certification LEED est reconnue internationalement et qu’elle atteste qu’un bâtiment respecte de hauts standards d’efficacité énergétique, qu’il réduit son impact environnemental et que les constructeurs se sont préoccupés du bien-être de ses occupants.
Chez Montoni ce sont souvent des constructions de grande envergure, pour du commercial, de l’industriel, de l’institutionnel et même du résidentiel. Et, depuis quelques années, Montoni s’est encore une fois montré à l’avant-garde en réalisant des parcs industriels écoresponsables. Là comme pour les autres projets on joue d’audace pour ce qui est de la durabilité.
« Pour nous la certification LEED c’est le minimum et on atteint souvent l’argent ou l’or (NDLR : les niveaux supérieurs de certification) nous explique Marc-André Fullum, directeur principal, développement stratégique chez Montoni. Et dans 3 à 5 ans, on veut que tous nos projets soient BCZ. » Même pour les parcs industriels ? « Même pour les parcs industriels. »
Un mot sur ce qu’est un bâtiment à carbone zéro (BCZ). C’est une certification établie par le Conseil du bâtiment du Canada qui atteste que le bâtiment émet un minimum de GES cela autant pour la production que pour l’exploitation du bâtiment. Deux certifications peuvent être ainsi obtenues : BCZ-Design et BCZ-Performance. C’est ce que vise le Groupe Montoni : les deux certifications pour tous ses projets futurs.
La méthode Montoni
Mais comment y arrivent-ils ? Il faut savoir que Montoni est une entreprise intégrée qui peut tout gérer et réaliser de la conception jusqu’à l’exploitation de ses bâtiments. Depuis des années, l’entreprise a développé une expertise qui la place en tête de peloton pour ce qui est des constructions durables. Dans leurs projets, tout est pris en compte : le choix des matériaux, l’isolation, l’économie d’eau, d’énergie, la récupération de la chaleur perdue, l’aménagement des espaces extérieurs, les bornes de recharge, le respect des zones humides, et même la consultation auprès des citoyens des zones habitées à proximité, rien n’est laissé au hasard.
Regardons cela de plus près. Sur la question d’économie d’énergie par exemple, les efforts sont considérables comme nous l’explique Marc-André Fullum :
« Ce que l’on cherche maintenant c’est 100 % d’autonomie énergétique soit par les panneaux photovoltaïques, soit par les boucles énergétiques qui permettent de récupérer toute l’énergie perdue dans nos propres bâtiments ou dans des bâtiments voisins et de la réutiliser. C’est autant de pression de moins sur le réseau d’Hydro-Québec. »
Uniquement dans l’écoparc de Saint-Bruno-de-Montarville pour les deux bâtiments qu’y possède Montoni, on a mis en place 750 de ces panneaux solaires. Toujours au chapitre de l’économie d’énergie, on comprendra que les experts de chez Montoni sont passés maîtres dans l’art de concevoir les murs, les toitures et d’isoler tout cela.
« Comme on le fait maintenant dans tous nos projets, à Saint-Bruno on a aussi installé un système de récupération d’eau pour les toilettes, mais ça permet aussi d’alimenter les zones humides, nous explique Marc-André Fullum. Ça crée directement une synergie, puisqu’on consomme moins d’eau directement à la source. Donc tous ces éléments-là, qu’ils soient énergétiques ou environnementaux, ils sont tous interreliés. »
Toujours à l’écoparc de Saint-Bruno-de-Montarville, Montoni a réalisé le plus grand toit végétalisé au Canada pour une construction privée. On parle de près de 246 000 pieds carrés de verdure.
Consulter : le maître mot
En amont de toutes leurs réalisations, le Groupe Montoni se fait un devoir de s’assurer que leurs installations répondent aux besoins et aux attentes du milieu où il prendra vie. On ne lésine pas sur les consultations.
« On n’arrive pas dans un milieu avec un projet précis, que ce soit pour un parc industriel ou autre. On va rencontrer les parties prenantes du secteur lui-même et aussi les citoyens. On va les écouter, tous. Parce qu’on veut que notre projet réponde aux orientations municipales et citoyennes et qu’il apporte une plus-value à la communauté, nous dit Marc-André Fullum. »
À Saint-Bruno -de-Montarville, le chargé d’affaires Carl Fores à la Direction de l’urbanisme, de l’environnement et du développement durable confirme :
« Le Groupe Montoni a été à la hauteur de sa réputation dans son travail avec nous. La collaboration avec eux a été facile. Ils nous ont écoutés et ont respecté nos demandes autant sur le respect des exigences architecturales que sur le respect de l’esprit de notre écoparc. »
Autre valeur chère à Montoni, l’aménagement d’un cadre de vie agréable pour les travailleurs de ces écoparcs. On parle de plus en plus des avantages de la biophilie, c’est-à-dire l’intérêt des humains pour la nature et les bienfaits qu’on en retire. C’est ainsi que dans les projets d’écoparcs de Châteauguay, de Saint-Bruno et prochainement de Laval, Montoni prévoit toujours des accès aux pistes cyclables, des aires de repos, des corridors de marche ou de course, sans oublier les bornes de recharges et le respect des zones vertes aux alentours, voire de les enrichir. Dans un projet futur, on va aménager des sentiers dans un de ces espaces verts accessibles à toute la population.
Isabelle Melançon, présidente-directrice générale de l’Institut du développement urbain du Québec, nous dit à propos de Montoni :
« Ils ne font pas du développement durable parce que c’est à la mode. Ils y croient et depuis longtemps. Il y a chez eux cette volonté réelle de travailler avec le milieu. Ce sont de grands développeurs qui laissent une trace indélébile partout où ils passent. »
« Aujourd’hui, on est rendu beaucoup plus loin, confie Marc-André Fullum. On veut travailler sur de grands projets de développement mixte, c’est-à-dire du résidentiel et du commercial. Intégrer ces différentes affectations pernet aussi de réaliser plus facilement des boucles énergétiques et d’atteindre des objectifs de développement durable dans tout un secteur. On peut même imaginer faire ça à proximité d’un parc industriel. Bien sûr on parle ici d’industries légères. Mais c’est pensable. »
Bien des promoteurs se demanderont si tout cela coûte plus cher. La réponse : oui ! Entre 5 et 10 % plus cher. Mais à long terme c’est payant !
« Vous savez, nous explique Marc-André Fullum, aujourd’hui la valeur d’un bâtiment sur le marché ne se limite pas à la valeur de la construction, du bois et du béton. Ses composantes environnementales, son efficacité énergétique et ses certifications augmentent beaucoup sa valeur. »
En terminant, il est important de souligner que de nombreuses subventions de la part des gouvernements, d’Énergir et d’Hydro-Québec sont accessibles pour les constructions en recherche d’économie d’énergie. Ce qu’il est important de souligner ici, c’est qu’aujourd’hui des promoteurs immobiliers sont des acteurs de changement et des porteurs de ballon en développement durable, et cela même dans ces nouveaux espaces justement nommés écoparcs industriels.
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Par Errol Duchaine, conseiller en communication, CQDD
Photos : Écoparc Saint-Bruno, Groupe Montoni et Marc-André Fullum, APDEQ